Tours. L’ex-pompier accusé d’avoir tué une nonagénaire avec une madeleine pour une maison en viager

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Publié le 11/05/2022 06:30:10

Un ex-pompier de Paris de 63 ans est accusé d’avoir tué la propriétaire de la maison qu’il a achetée en viager dans les années 1990. La nonagénaire avait été retrouvée morte, étouffée par une madeleine, dans un Ehpad de Tours. L’homme est jugé par la cour d’assises d’Indre-et-Loire à partir de ce mercredi 11 mai 2022.

L’ex-pompier de Paris a-t-il tué pour un viager à l’aide d’une madeleine ? Accusé de meurtre avec préméditation, un homme âgé de 63 ans comparaît devant la cour d’assises, à partir de ce mercredi 10 mai et jusqu’à vendredi 13 mai, à Tours (Indre-et-Loire).

Le 13 mai 2019, une nonagénaire avait été retrouvée morte dans son Ehpad de Tours. Ce jour-là, le sexagénaire lui avait apporté des pâtisseries.

Quelques heures plus tard, les employés de l’Ehpad avaient découvert le corps sans vie de la résidente d’une unité Alzheimer et quelques miettes de gâteaux sur la table. L’autopsie avait révélé un décès par asphyxie aiguë par un corps étranger alimentaire, et n’avait pas exclu l’intervention d’un tiers.

Après deux ans d’enquête, le juge d’instruction avait décidé en avril 2021 de renvoyer un homme de 62 ans devant les assises d’Indre-et-Loire pour assassinat. Le mobile du crime présumé ? Une maison en viager, achetée en 1995 par l’accusé, et dont la victime était propriétaire.

Le viager est une forme de vente immobilière : une personne, généralement âgée, vend sa maison en contrepartie d’une rente viagère. Selon les dossiers, le vendeur peut éventuellement garder le droit de rester vivre dans son logement. La rente s’arrête au décès du vendeur.

« Cette personne ne pouvait pas avaler toute seule ce type de gâteau. Cet homme a provoqué le décès de cette personne à des fins purement économiques, c’est-à-dire qu’il voulait s’emparer de son bien pour mener son propre projet immobilier »​, avait indiqué Grégoire Dulin, procureur de Tours, sur les ondes de France Bleu Touraine .

Placé en détention provisoire en 2019, le prévenu avait comparu devant la cour d’appel d’Orléans mercredi 30 septembre pour demander sa remise en liberté. Une demande qu’il a formulée à plusieurs reprises. Comme le relatait un compte rendu d’audience paru dans La Nouvelle République , le suspect avait nié avoir étouffé la victime et s’est dit « blessé » des soupçons dont il fait l’objet. Il a assuré ne pas comprendre que les employés ne lui aient pas dit qu’elle avait des difficultés lorsqu’elle s’alimentait, écrivait le quotidien régional. Les juges avaient décidé de son maintien en détention.

Réagissant au renvoi de son client devant les assises, l’avocat de l’accusé, Me Adel Bendjador avait déclaré : « Le juge est parti du postulat que mon client était coupable. Il n’a même pas envisagé les autres causes de la mort de cette vieille dame. » ​Le conseil rappelait que « la thèse de l’accident [restait] envisageable »​.

En outre, Me Bendjador reconnaissait que les versions de son client ont évolué au cours des interrogatoires. Mais il a mis cela sur le compte de l’incompréhension. « Il a pris les choses à la légère. Il ne s’est pas dit qu’on pourrait lui reprocher d’avoir laissé une vieille dame avec une madeleine. »

L’avocat estimait enfin que le mobile financier ne tient pas debout. « Il avait acheté ce bien dans les années 1990. Quand vous faites le calcul, il aurait pu revendre ce viager quasiment au même prix. »

Jusqu’à ce vendredi 13 mai, la cour d’assises de Tours tentera de faire toute la lumière dans cette affaire.

Crédits image et texte : Ouest France©
Source : https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/tours-l-ex-pompier-accuse-d-avoir-tue-une-nonagenaire-avec-une-madeleine-pour-une-maison-en-viager-4f234dac-d039-11ec-9a5d-1e5046ed7ce7