Sécurité routière en Gironde : les forces de l’ordre traquent le cannabis au volant

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Publié le 08/11/2021 19:08:14

Les contrôles vont se multiplier pour provoquer une prise de conscience sur les conséquences de l’usage de stupéfiants sur la conduite. Exemple ce lundi à Mérignac

Impossible d’y échapper. Ce lundi 8 novembre, les forces de l’ordre, policiers de la sécurité publique, CRS et gendarmes, étaient partout. Un maillage du territoire quasi parfait sur les principaux axes routiers du département.

Un tel déploiement était lié à la campagne de sensibilisation voulue par le ministère de l’Intérieur et la Sécurité routière sur les effets de la consommation de cannabis au volant. Car, s’il y a peu encore, les fumeurs de shit se sentaient exempts sur la route, ce n’est désormais plus le cas. Policiers et gendarmes disposent de tests salivaires performants pour pratiquer des dépistages.

Le constat est sans appel et les chiffres parlent d’eux-mêmes. La conduite sous l’emprise de cannabis multiplie par deux le risque d’être responsable d’un accident mortel. En 2020 en France, un décès sur cinq sur la route a impliqué un conducteur ayant consommé de la drogue. En Gironde, au cours de cette même année, ils représentent 13 % des accidents mortels en Gironde pour 8 tués et 16 % en Nouvelle-Aquitaine pour 47 tués.

Cocktail cannabis-alcool

En moyenne, à l’heure actuelle, 2,8 % des conducteurs girondins roulent sous l’emprise de stupéfiants et leur nombre ne cesse d’augmenter. 20 % d’entre eux conduisent sans permis !

Souvent, c’est même le cocktail cannabis-alcool qui est relevé. Celui-ci multiplie par 29 le risque de provoquer un accident mortel. Au plan national, parmi les conducteurs positifs aux stupéfiants impliqués dans un accident mortel, la moitié présente également un taux d’alcool supérieur à 0,5 g par litre de sang. « Ces conducteurs sont désinhibés et ont un sentiment de toute-puissance », soupire un policier.

Les tests salivaires sont très fiables. Ils permettent de détecter la présence de THC, le principe actif du cannabis, dans la bouche.

Guillaume Bonnaud / « SUD OUEST »

« Nous devons sensibiliser les conducteurs car fumer du cannabis entraîne une baisse de vigilance, une mauvaise coordination, un allongement du temps de réaction et une diminution des facultés visuelles et auditives », souligne la sous-préfète Delphine Balsa, directrice de cabinet de la préfète de région, présente, ce lundi à la mi-journée, sur un point de contrôle des CRS à proximité de la rocade, dans la commune de Mérignac. « En Gironde comme en Nouvelle-Aquitaine, la conduite sous stupéfiants est la troisième cause de mortalité sur la route. Nous devons faire prendre conscience aux consommateurs que les drogues sont incompatibles avec la conduite, en plus d’être interdites. »

« Fumer un joint entraîne une somnolence, affecte la coordination des mouvements, la vue, l’ouïe, la concentration et les réflexes »

La nasse est tendue près d’un rond-point. Dans le flot continu de véhicules, les CRS ont l’œil. « Bonjour Monsieur, police nationale, les papiers du véhicule s’il vous plaît ». Permis de conduire, carte grise et certificat d’assurance sont présentés par Gaëtan qui se rend à un rendez-vous professionnel. Le policier lui explique maintenant qu’il va procéder à un dépistage de stupéfiants à l’aide d’un bâtonnet frotté à l’intérieur de sa bouche qui permettra de détecter la présence de drogue ou pas. « Nous devons patienter huit minutes », précise la capitaine Antonine de Fermor, adjointe au commandant de la CRS autoroutière Aquitaine. Un trait doit apparaître en face du nom de chaque drogue recherchée : cocaïne, opiacés, amphétamines et cannabis. Si les barres s’affichent, c’est bon. Pour Gaëtan, tout est parfait. « Je comprends ce genre de contrôle et tant pis si j’ai pris un peu de retard », commente le jeune conducteur avant de reprendre le volant.

Les policiers de la sécurité publique étaient également présents ce lundi sur plusieurs axes de Bordeaux.

COM.DDSP33

« Dans le département, un tiers des accidents avec stupéfiants ont lieu le week-end et 56 % la nuit contre 30 % pour l’ensemble des accidents », observe encore Delphine Balsa.

Des sanctions lourdes

« Fumer un joint entraîne une somnolence, affecte la coordination des mouvements, la vue, l’ouïe, la concentration et les réflexes », rappelle à son tour la capitaine de Fermor.

Les contrôles préventifs de dépistage de consommation de drogues vont donc monter en puissance au cours des prochaines semaines. Même en l’absence d’infraction ou d’accident, policiers et gendarmes sont habilités à effectuer un dépistage d’initiative. Celui-ci est systématique et obligatoire en cas d’accident mortel ou corporel.

En cas d’analyse positive après un contrôle routier, le conducteur encourt jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende. En cas d’accident corporel, jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende et jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende en cas d’accident mortel. La peine passe à 10 ans et 150 000 euros d’amende lorsqu’il y a présence de stupéfiants et d’alcool ou de stupéfiants et conduite sans permis.

Crédits image et texte : Sud Ouest©
Source : https://www.sudouest.fr/gironde/bordeaux/securite-routiere-en-gironde-les-gendarmes-traquent-le-cannabis-au-volant-6870243.php