Procès des «Boute» de Saint-Ouen : jusqu’à 10 ans de prison et 3 millions d’euros d’amende requis contre Malsain et ses troupes

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Publié le 20/04/2023 17:24:32

Des peines de 10 ans de réclusion et des amendes de plusieurs millions d’euros ont été requises au procès des trafiquants de la cité des Boute-en-Train à Saint-Ouen. Le patron présumé de ce qui était l’un des plus gros points de deal du 93 est toujours en cavale.

« C’est la version la plus aboutie d’un trafic de cité, elle est symptomatique de la Seine-Saint-Denis », résume Édouard Le Boulanger, procureur de la République, dans le procès du réseau de trafiquants des Boute-en-Train à Saint-Ouen qui s’achèvera vendredi. Ce jeudi, il a pris de lourdes réquisitions contre les douze prévenus, au niveau de la rentabilité de cette organisation : le procureur évalue son chiffre d’affaires à « 5, 9 millions d’euros entre août et décembre 2020 ».

Pour Malsain, le propriétaire présumé du « four » en cavale, il est demandé 10 ans de prison assortis des deux tiers de sûreté, et une amende de 3 millions d’euros, ainsi qu’une interdiction de paraître en Île-de-France pendant dix ans. Pour les lieutenants de Malsain, les peines requises vont de 9 ans pour Mojito alias Mohamed-Salah M. assortis d’un million d’euros d’amende ; 7 ans et 200 000 euros d’amendes pour Saïd K. « Saidou » et pour Mohamed E. alias « Cracks », 7 ans et 500 000 euros d’amende. Pour Samy F., en fuite : 6 ans sont demandés, assortis d’un mandat d’arrêt. Tous sont interdits de paraître à Saint-Ouen ou en Île-de-France jusqu’à 10 ans. Pour les seconds couteaux, les sanctions requises vont de 12 mois avec sursis à 3 ans de prison.

Le parquet dénonce « la capacité meurtrière du réseau »

Aujourd’hui, le « mega four » des Boute a disparu. « La cité de la drogue », dixit la SEMISO, le bailleur, seule partie civile au dossier, a construit sa renommée pendant dix ans autour de la qualité de la marchandise. On s’y procurait de « la frappe », du cannabis haut de gamme et de « la zipette », entendez de la cocaïne, à gogo. On la surnommait aussi « midi-midi » en raison de son activité H24. Malsain, son boss présumé, El Mehdi Z. de son vrai nom, est en cavale au Maroc depuis l’assassinat de Mohamed Gacem, alias Cyborg, truffé de balles en août 2019. L’ombre de Malsain plane sur cette exécution. La victime régnait sur un autre point de deal notoire de Saint-Ouen : la cité Charles Schmidt.

Corollaire du trafic, la violence est la signature du clan de Malsain. Le ministère public a dénoncé « sa capacité meurtrière » en citant deux épisodes. L’assassinat de Cyborg donc, mais aussi la tentative d’élimination de son frère, dans laquelle on retrouve deux protagonistes des Boute, Malsain et Mojito. Tous deux condamnés en novembre dernier à 10 et 8 ans de prison, ils ont fait appel. La main du Gros, l’autre surnom de Malsain, plane également sur le double meurtre de la cité Soubise, un autre point de deal de la ville, en septembre 2020. L’instruction est toujours en cours.

Le délibéré est attendu demain.

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Source : https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/proces-des-boute-de-saint-ouen-jusqua-10-ans-de-prison-et-3-millions-damende-requis-contre-malsain-et-ses-troupes-20-04-2023-IAOBEB6VAJBTJIO3BV3I4FYYEY.php