Gironde : un sexagénaire interdit de domicile conjugal à Castets et Castillon

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Publié le 08/11/2021 23:48:04

Lundi, un sexagénaire était jugé par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour des violences sur celle qui est son épouse depuis quarante ans

« Ça me monte tout d’un coup et ça me passe très vite. » Un sexagénaire était jugé par le tribunal correctionnel de Bordeaux, ce lundi 8 novembre, pour des violences sur son épouse depuis quarante ans. Un accès de colère de plus.

Vendredi 5 novembre, suite à une banale réflexion sur de la ferraille entreposée devant le domicile conjugal, à Castets et Castillon, non loin de Langon dans le Sud-Gironde, le sexagénaire a soudain vu rouge, saisi et jeté une pendule dans la cuisine en direction de sa femme, lui a donné des coups de poing quand elle a voulu s’enfuir, l’a rattrapée dehors et traînée sur les genoux pour qu’elle rentre.

« Quand il n’a pas ses crises, il est gentil »

« J’ai eu très peur », confie l’épouse, qui a profité d’un appel téléphonique quand elle était confinée dans la chambre pour s’enfuir par la fenêtre et prévenir un voisin. « Quand il n’a pas ses crises, il est gentil », poursuit-elle. Elle admet des violences verbales, attendant que « ça s’apaise ». Mais assure que c’était la première fois que son mari levait la main sur elle. « Mais, cet été, il a cassé les placards à coups de tête. »

« Chute psychologique »

Elle ne réclame pas de dommages et intérêts. « Il faut juste l’hospitaliser. » Les juges n’en ont pas le pouvoir. « Le tribunal n’a pas de baguette magique », prévient le président Marc Fritsch. « Il a de la bonne volonté pour se soigner mais, ses médicaments, ça ne va pas », poursuit l’épouse. « À 73 ans, je ne vais pas m’en aller. Mais il faut arrêter cette violence qui va crescendo. »

Le comportement du prévenu, ancien accro à l’alcool et à la cigarette, aurait changé il y a un an. « Quand il a pris sa retraite, ça a été le début de sa chute psychologique, il est devenu intolérant », explique le fils du couple, appelé à la barre. Exclu de la palombière où il vivait sa passion, le prévenu s’est retrouvé vraiment seul. « Ce n’est pas quelqu’un de mauvais, il ne mérite pas ça », ajoute le fils, prêt à héberger son père si cela peut lui éviter la prison. Une autre main se lève dans la salle d’audience : celle du frère du prévenu qui s’inquiète, lui aussi.

Fusils non déclarés

« C’est toute l’ambiguïté des rapports conjugaux », résume la procureure adjointe, Rachel Bray. « Quarante ans de mariage, des sentiments, mais la volonté de faire cesser ces violences. Le tribunal n’est pas saisi d’une simple dispute mais d’un accès de violence important. » Les deux fusils de chasse non déclarés, retrouvés au domicile et « à disposition d’un prévenu qui ne se maîtrise pas », inquiètent la magistrate. Elle requiert douze mois de sursis probatoire, une interdiction de paraître au domicile et de contact avec sa femme, une obligation de soin et une confiscation des armes.

« Il n’ignore pas sa situation et voit déjà un psychiatre depuis un an », rappelle l’avocat de la défense, Me Jean-Baptiste Lanot. Il veut éviter toute rupture des liens dans le couple. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le sexagénaire à six mois de prison avec sursis probatoire, interdiction de paraître au domicile mais pas interdiction de contact, et une obligation de soin.

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Source : https://www.sudouest.fr/gironde/castets-en-dorthe/gironde-un-sexagenaire-interdit-de-domicile-conjugal-a-castets-et-castillon-6874237.php