Cravaches, poupée gonflable, photos : la collection insolite et confidentielle de «la mondaine» à Paris

logo Le Parisien illustration Cravaches, poupée gonflable, photos : la collection insolite et confidentielle de «la mondaine» à Paris

Publié le 04/08/2022 04:05:00

C’est un peu le «off» de la brigade de répression du proxénétisme (BRP). Dans les locaux de la police judiciaire parisienne se niche un petit musée qui raconte l’histoire de «la mondaine» en version un peu moins sage que l’exposition temporaire sur la «police des mœurs» proposée actuellement au Musée de la préfecture de police de Paris.

Au troisième étage de la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Paris (XVIIe arrondissement), il existe un musée, confidentiel, où la mondaine, aujourd’hui appelée brigade de répression du proxénétisme (BRP), se dévoile à la lueur de néons rouges, derrière une porte sécurisée qu’on déverrouille à l’aide d’un badge. L’endroit a été aménagé en novembre 2021, refait, amélioré. Mais il existait déjà dans les locaux de l’île de la Cité, installé dans une ancienne cellule de garde à vue.

Actuellement, jusqu’au 26 août, vous pouvez remonter l’histoire de cette brigade grâce à l’exposition « la Police des mœurs à Paris », présentée « au grand jour » au Musée de la préfecture de police de Paris (Ve). Mais ici, une déco de « bar à bouchons » (ou bar à hôtesses) accueille le visiteur privilégié, avec comptoir et tabourets. Si le petit musée de la brigade des stupéfiants peut aider les jeunes dans la prévention des dangers liés à la consommation de drogue, cet antre-là est interdit aux mineurs. Et pour cause. Dans les vitrines, des « souvenirs » d’affaires qui peuvent prêter à sourire.

C’est le cas de ce qu’une petite étiquette nomme « le livre d’or du Roi René ». Le Roi René était un célèbre tenancier de boîtes à partouzes qui a fini assassiné en 1973. Dans ce livre d’or, pas de mots doux rédigés par les clients contents, mais une impressionnante collection de poils pubiens que des femmes ont offerts au patron. Ils ont été triés et sont exposés dans des vignettes plastifiées avec les prénoms des donatrices : Monique, Maya, Tinna, Marguerite. Ou encore, quand le prénom manque, l’origine : Indienne, Mexicaine…

Phallus momifié, origine inconnue

Dans d’autres vitrines, des télégrammes, et des photos datant des années 1950 sur lesquelles apparaissent des prostituées. À l’époque, les filles de joie étaient fichées, les maladies vénériennes étaient recherchées. À côté, des bobines de films et des cassettes VHS aux jaquettes explicites du temps où les agents de la mondaine avaient aussi un rôle de censeurs. C’était le travail du groupe OBM, outrage aux bonnes mœurs. Ils visionnaient des heures de films, feuilletaient des tonnes de magazines, traquant les images contraires aux bonnes mœurs.

Le reste de la déco : cravaches, fouets, godes, poupée gonflable habillée de latex, une croix de saint André. Au détour d’une vitrine, un phallus momifié à l’origine inconnue. Aussi, une pancarte sur laquelle est écrit « Ordure », accessoire qu’une dominatrice accrochait au cou de son esclave. Prochainement, il devrait y avoir davantage d’explications derrière chaque relique pour montrer que, derrière ce qui suscite aujourd’hui un rictus, il y a eu des affaires résolues par le service.

Crédits image et texte : Le Parisien©
Source : https://www.leparisien.fr/paris-75/cravaches-poupee-gonflable-photos-la-collection-insolite-et-confidentielle-de-la-mondaine-a-paris-04-08-2022-5XZ3QC3YP5HUBPZ4VZHVZFDPUU.php