Cinq chihuahuas squelettiques retrouvés dans une maison de Marcoussis

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Publié le 11/05/2023 12:27:53

Alertée par des riverains, Action protection animale a secouru lundi cinq chihuahuas croisés pinscher qui « n’avaient plus que la peau sur les os ». L’association a porté plainte pour « abandon volontaire » contre le propriétaire.

« Si les personnes n’avaient pas fait de signalement, on aurait retrouvé des chiens morts. » Anne-Claire Chauvancy, la présidente d’Action protection animale, en est persuadée. Vendredi 5 mai, des riverains qui se promenaient dans une rue de Marcoussis (Essonne) aperçoivent dans le jardin d’une propriété cinq petits chiens, des chihuahuas croisés pinscher.

Mais quelque chose ne va pas. Les animaux sont rachitiques. Leurs côtes se dessinent franchement sous leur pelage. Ils tentent « désespérément de manger de l’herbe dans ce jardin en friche », détaille la présidente de l’association. Leur apparence inquiétante ne laisse pas indifférents les promeneurs. Ni une, ni deux, ils avisent l’association Action protection animale. Tout comme les services de la gendarmerie.

Dans la foulée, « nous nous rendons sur place, poursuit Anne-Claire Chauvancy. Mais les chiens ne sont plus dans le jardin. Ils sont retournés dans la maison. » Elle toque à la porte. Personne ne répond. « On ne peut pas entrer de force chez les gens comme ça et sans avoir caractérisé l’infraction en flagrant délit », explique la responsable.

Trois jours devant la maison à chercher le propriétaire

Les membres de l’association n’abandonnent pas pour autant. Ils se relaient à l’adresse concernée. Vendredi, samedi, dimanche. Trois jours d’allers-retours et d’attentes interminables. « Mais il n’y a jamais personne, déplore Anne-Claire Chauvancy. Pourtant, on a fait le pied de grue durant des heures. »

Ce n’est que le dimanche soir que les gendarmes de Nozay réussiront à capter le propriétaire. Les militaires constatent alors l’état de santé des animaux et convoquent le mis en cause dans leurs locaux pour être entendu le lendemain. « On nous a appelés lundi matin pour récupérer les chiens », précise Anne-Claire Chauvancy.

Le constat est sans appel. « Ils étaient littéralement squelettiques », décrit Anne-Claire Chauvancy. Examinés par un vétérinaire, ils ont été diagnostiqués « dans un état de cachexie, c’est la dernière étape avant la famine », rappelle-t-elle. C’est-à-dire que le corps a puisé dans une bonne partie de ses réserves. « Il a consommé toutes les graisses et commence à s’attaquer aux muscles », explique la représentante d’Action protection animale. Autres indices de maltraitance : « Leurs griffes étaient très très longues. C’est le signe que les animaux ne sortaient pas, assure-t-elle. Sans compter les excréments à domicile. »

Des familles d’accueil prêtes à les adopter

Autant de signaux qui mettent à mal les explications du propriétaire. Selon les premiers éléments de l’enquête, il a indiqué qu’il venait tout juste d’avoir un bébé avec sa compagne et qu’ils avaient emménagé chez ses beaux-parents mais qu’il venait matin et soir s’occuper de ces animaux.

Des explications ubuesques pour la présidente de l’association. « Ça serait impossible qu’ils soient dans cet état-là. Ils n’ont pas été nourris pendant trois semaines ou peut-être une fois par semaine, et encore. Certains pesaient seulement 2,8 kg. Ils sont tous dans le même état. En plus, ils n’ont pas de problème alimentaire car ils se jettent sur la nourriture. »

L’association a donc été saisie pour prendre soin des animaux le temps de l’enquête. Depuis lundi, les cinq petits chiens sont bichonnés et reprennent petit à petit du poil de la bête. « On voit qu’ils ont déjà repris un peu de poids à vue d’œil. » Leur sort en a ému plus d’un, et cinq familles d’accueil viennent d’être trouvées.

Action protection animale a déposé plainte pour « abandon volontaire ». Avec les nouvelles lois entrées en vigueur il y a peu, le propriétaire risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Et « si l’un des chiens venait à décéder c’est jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende », complète Anne-Claire Chauvancy.

Très affaiblis, les cinq petits chiens ne sont pas encore sortis d’affaire. Ils font l’objet d’une attention toute particulière, car les prochains jours seront décisifs. « Lors de la réalimentation, il y a toujours des risques, insiste la présidente. Les organes peuvent être déjà trop endommagés par la privation et ne suivent plus. Le chien peut décéder. On ne s’en rend compte que dix à quinze jours après. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Weedy (NDLR, un chien retrouvé presque mort à Drancy, en Seine-Saint-Denis) en août dernier. »

Crédits image et texte : Le Parisien©
Source : https://www.leparisien.fr/essonne-91/cinq-chihuahuas-squelettiques-retrouves-dans-une-maison-de-marcoussis-11-05-2023-CHILPXFZXJGZREOM4NB7ZLP6WA.php