BD de Bastien Vivès : une enquête ouverte pour diffusion d’images pédopornographiques

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Publié le 06/01/2023 11:59:00

Après l’annulation de son exposition au festival d’Angoulême, le dessinateur de BD avait fait l’objet d’une plainte pour diffusion de pédopornographie.

Le parquet de Paris annonce ce vendredi l’ouverture d’une enquête pour diffusion d’images pédopornographiques, visant l’auteur Bastien Vivès. Après l’annulation de son exposition au festival d’Angoulême, le dessinateur de BD avait fait l’objet d’une plainte pour diffusion de pédopornographie.

Cette enquête préliminaire, confiée à la Brigade de protection des mineurs, vise l’auteur de 38 ans, figure du 9e art, ainsi que les maisons d’édition Glénat et les Requins Marteaux qui ont publié trois de ses ouvrages en 2011 et 2018. L’enquête a été ouverte après le dépôt d’une plainte fin décembre de l’association Fondation pour l’enfance auprès du parquet de Nanterre.

L’association dénonce la diffusion dans les œuvres de l’artiste d’images pédopornographiques, l’incitation à la commission d’agressions sexuelles sur mineurs et la diffusion à un mineur de messages violents. Au cœur d’une polémique depuis plusieurs jours, Bastien Vivès a vu son exposition au Festival d’Angoulême être annulée après qu’il a été accusé de promouvoir la pédopornographie dans certains ouvrages et des déclarations publiques.

Mise en scène de relations sexuelles entre des mineures et des majeurs

Sa BD « Petit Paul » présente un enfant au pénis démesuré suscitant la convoitise des femmes, et d’autres titres comme « Les Melons de la colère », où une adolescente est violée, et « La Décharge mentale », qui met en scène des relations sexuelles entre des mineures et un homme majeur, font l’objet d’un débat sur leur conformité à la loi. Pour Innocence en danger, « ces planches montrent bien des mineurs abusés ou exhibant leur intimité »

Selon la plainte, que nous avons consultée, Bastien Vivès « comme les éditions des Requins Marteaux et Glénat avaient parfaitement conscience de la minorité des personnages et du caractère pornographique des situations dans lesquelles ils se retrouvaient. »

« Ces bandes dessinées par leur banalisation de tels actes sont une provocation à la commission d’abus sexuels sur mineurs pour des personnes fragiles qui pourraient penser que de telles relations sont la norme, estime encore Innocence en danger. Elles étaient et sont toujours accessibles aux mineurs qui pourraient parfaitement penser que les relations entre adulte et enfant ou adolescent doivent se passer de la sorte ».

Le Festival international de la BD, événement le plus important du 9e art, a annulé l’exposition qui devait être consacrée à partir de fin janvier à ce dessinateur de 38 ans. Il invoquait des « menaces » qui ont visé l’auteur et les organisateurs.

« Aujourd’hui je me rends compte qu’au-delà de mes œuvres, ce sont surtout mes propos qui ont choqué », a-t-il écrit jeudi sur Instagram. « Je regrette sincèrement certains de mes propos, et plus particulièrement ceux à l’encontre de la dessinatrice Emma, postés sur mon mur Facebook envers laquelle je tiens à m’excuser. C’était gratuitement violent, irrespectueux et surtout indigne », a-t-il ajouté.

« Absence d’infraction » avait estimé le parquet en 2019

La polémique porte également sur les livres de cet auteur, qui mêlent pornographie et mineurs. « Ils s’inscrivent dans un genre burlesque humoristique. Ce ton provocateur, il m’est arrivé de le reprendre parfois, de manière maladroite, dans mes interviews », a-t-il justifié.

En 2018, après la parution de « Petit Paul », les éditions Glénat s’étaient défendues en affirmant qu’ »aussi obscène et provocatrice qu’on puisse la considérer, cette oeuvre de fiction n’a jamais pour vocation de dédramatiser, favoriser ou légitimer l’abus de mineur de quelque manière que ce soit ».

Un signalement, adressé à l’époque par l’association Face à l’inceste demandant le retrait de cette BD, a été classé sans suite pour « absence d’infraction » en février 2019, selon le parquet de Nanterre.

Crédits image et texte : Le Parisien©
Source : https://www.leparisien.fr/faits-divers/bastien-vives-ouverture-dune-enquete-visant-lauteur-de-bd-pour-diffusion-dimages-pedopornographiques-06-01-2023-L6XA5CLREBCQJOFHSCA4OESX74.php